Attaque préméditée et en bande organisée par l’extrême droite : réagissons !

Communiqué de Solidaires Etudiant·e·s Alsace et Sud Education Alsace
lundi 16 décembre 2019
par  sudeducationalsace
popularité : 0%

Jeudi 12 décembre, jour de mobilisation notamment contre la réforme des retraites et la précarité, les étudiant·e·s mobilisé·e·s de l’Université de Strasbourg ont décidé de bloquer le bâtiment du Patio pour protester contre l’absence de banalisation des cours. Alors que les personnels de l’éducation sont en Assemblée Générale dans un bâtiment proche : prises de parole, distribution de tracts et barbecue festif avant la manifestation de 14h, animent le piquet de grève symbolique des étudiant·e·s. Peu après midi une quinzaine de personnes ont chargé en s’annonçant haut et fort comme étant l’Action Française. Dans un déchaînement de violence physique préméditée et organisée, plusieurs personnes sont frappées. L’élue de Solidaires Etudiant.e.s Alsace au Conseil d’Administration de l’Université a reçu des coups de chaise qui lui vaudront 7 jours d’ITT. Nous pouvons affirmer qu’il y avait aussi des membres de la Cocarde Etudiante parmi les assaillant·e·s. Un membre de l’Action Française présent avait, la veille mais aussi à plusieurs autres reprises, agressé des étudiant·e·s au sein même du Palais Universitaire en raison de leurs opinions politiques.

Dans une telle situation, l’Université de Strasbourg se doit de continuer à faire vivre l’Université Résistante en dénonçant clairement l’idéologie qui anime ces groupuscules dangereux et les actes qu’ils commettent. Au lieu de cela, l’Université, par la voix de son président, n’a osé que citer l’Action Française sans qualifier son essence. Ne pas définir ce qu’est ce groupuscule est un affront à Jean Cavailles alors que sa photo ornant le Patio a été la triste spectatrice de cette attaques violente.

En dépit de toutes les déclarations de personnels et d’étudiant·e·s victimes de l’agression, il aura fallu attendre le communiqué abject de l’Action Française Strasbourg pour que la direction générale et l’équipe présidentielle cessent de considérer que « les faits n’étaient pas avérés » après avoir semer le doute dans l’ensemble de la communauté. Ce premier message officiel ambiguë annonçant un laconique « on en est venu aux mains » pour décrire la situation a été envoyé à l’ensemble des étudiant·e·s et personnels contrairement à celui nommant a minima l’Action Française qui a été réservé aux personnels et à la presse.

Notre institution n’est pas ternie que par la communication de la présidence. Depuis 2015, les nombreux recours à la préfecture, ayant généré des réactions policières aux moyens à chaque fois disproportionnés, ont pour conséquence de laisser croire à ces groupuscules que leur violence est légitime. Le 5 décembre, le lycée Montaigne à Paris vu lui aussi un blocage éphémère être violemment attaqué par l’Action Française, encouragée par les images de policiers armés réprimant systématiquement les lycéen·ne·s.
Samedi 14 décembre au Mans, une quarantaine de membres de l’Action Française s’en sont pris physiquement à des client·e·s de bars considérés par cette organisation comme des repères de gauchistes. Ces trois attaques en moins de 10 jours montrent que l’Action Française organise une campagne nationale d’agressions violentes à la motivation politique.

Si les groupuscules fascistes passent des discours aux actes, c’est bien parce qu’ils s’inscrivent dans un contexte global favorisant l’émergence et l’implantation des partis et groupuscules fascistes, ainsi que leur banalisation. Les contre-réformes néolibérales et le racisme d’état sont des terrains sur lesquels l’extrême droite évolue et gagne en popularité : le discours de l’identité nationale, de l’étranger·e comme bouc émissaire sont tout autant des arguments qu’il faut déconstruire puisque non seulement ils divisent le mouvement social mais également épinglent et mettent en danger les personnes racisées, LGBTI, et les militant·e·s.

Le 18 décembre, l’appel ”Egaux, égales, personne n’est illégal·e" a été lancé au niveau national. Cette marche contre les frontières, contre le racisme, contre l’Europe forteresse, contre Frontex et contre l’Etat policier, est l’occasion d’afficher notre inconditionnel soutien aux côtés de celles et ceux qui luttent au quotidien pour l’obtention de leurs droits. C’est l’occasion de dire haut et fort que nous sommes toutes et tous uni·e·s pour ainsi faire rempart aux idées réactionnaires, racistes de l’extrême droite.
Une autre scène surréaliste s’est produite sur notre campus quelques minutes après le raid. Plusieurs agents de la sécurité privée ont expliqué qu’ils aimeraient bien disposer d’un trombinoscope des agresseurs comme c’est le cas pour les étudiant·e·s (et personnels ?) engagé·e·s.

Par ailleurs, ces dernières semaines, nous avons pu constater par 3 fois des vigiles ne portant aucun signe distinctif mais manifestement en service près des lieux de rassemblement ou d’AG des étudiant·e·s. Ficher les personnes selon leur engagement ou agir, sauf cadre légal exceptionnel non pertinent ici, sans être clairement identifié sont évidement des dispositions illégales et sévèrement punies. Nombre d’universités, dont la notre, ont détourné les missions de ces agents tout en justifiant leur présence par le risque terroriste. Ces dévoiements doivent cesser, notamment car ils justifient, pour les groupes d’extrême droite tels l’Action Française et la Cocarde Etudiante, leurs propre comportement violent et ciblé.

Il revient à l’Université de prendre les mesures qui permettront aux étudiant·e·s et personnels rattachés aux composantes du Palais Universitaire de ne plus être sous la menace physique de l’Action Française et de la Cocarde Etudiante. Mais il est également nécessaire de continuer à organiser entre étudiant·e·s et personnels une riposte politique à la mesure de la gravité de la situation, pour montrer aux fascistes que nous n’accepterons ni la diffusion de leurs idées ni leur présence sur nos lieux d’études et de travail.

Nous appelons à un rassemblement contre l’extrême droite, contre le racisme et contre la présence des groupuscules fascistes sur la fac et partout ailleurs, le MARDI 17 À 12H devant le Patio.

Nous appelons aussi toutes et tous les étudiant·e·s ainsi que le personnel à prendre part au rassemblement dans le cadre de la Journée Internationale des Migrant·e·s le MERCREDI 18 À 18H place de la Gare.

Liens dans le texte :
[https://www.revolutionpermanente.fr/Lycee-Montaigne-a-Paris-casques-des-militants-d-extreme-droite-cassent-une-tentative-de-blocage

https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/une-quarantaine-de-militants-d-extreme-droite-saccage-le-centre-ville-du-mans-1576404649


Commentaires

Sites favoris


11 sites référencés dans ce secteur