Evaluation en CP, CE1, Sixième et Seconde : pas utiles et pas obligatoires !

dimanche 23 septembre 2018
par  sudeducationalsace
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Avec le retour de Blanquer au ministère de l’Education nationale (après sa première pige comme Directeur général de l’enseignement scolaire entre 2009 et 2012), voici le retour des évaluations nationales. Le fiasco de ces évaluations (en CE1 et CM2) entre 2009 et 2012 n’a pas suffit : le scandale recommence !

Inutiles, chronophages... et contre-productives

Bien que présentées comme de simples évaluations sans enjeux déterminant, à faire passer en 20 minutes pour chaque matière, la réalité s’avère très différente pour tous ceux et celles qui les ont réalisé : entre 1h15 et 2h pour chaque épreuve (une aberration pour des élèves de CP !)... plus le temps de reporter les résultats (mais heureusement, notre ministre a généreusement accordé 5h d’APC pour cela).

Et bien évidemment, les belles vidéos de propagande du ministère nous montre des élèves de CP stoïques et concentrés, en bref, des élèves normaux de CP qui ne qui ne parlent pas une seule fois pendant l’épreuve, qui n’ont pas besoin de chercher la page, qui se repèrent sans problèmes sur une double page A4 alors qu’ils sortent de maternelle, qui ne font pas tomber leur crayon, ne demandent pas à aller aux toilettes pendant la passation...

La rédaction de certaines consignes semble d’ailleurs porter à confusion pour les élèves... comme s’il fallait se prémunir contre de trop bons résultats :
https://twitter.com/johannacornou/s...



D’autres exemples de ces consignes faites pour faciliter l’échec :
https://twitter.com/fabricegd74/status/1038123895868588033


Des consignes soit trop courtes soit délibérément trop longues, le même exercice sur 4 pages où la compétence (entendre un son) est vérifiée en 15 exemples. On peut se demander ce que l’on souhaite testé : Les compétences phonologiques ou l’endurance des élèves ?

Quelque soit le résultats attendus pour l’institution, les résultats sur les élèves semblent pour l’instant désastreux, tant les témoignages s’accumulent d’enfants démotivés et démobilisés après ces évaluations...


Évaluer les élèves... les écoles, les profs

Malgré les dénégations de Blanquer ou du ministre Chatel en 2009, il est désormais démontré que ces évaluations devaient servir un bien autre but que la progression des élèves :

Un numéro d’Education & formations, une revue de la Depp (direction des études du ministère), révèle en 2015 que ce fut la seule tentative d’évaluation des enseignants par leurs résultats.

Selon Education & formations, c’est Sarkozy qui est à l’origine de l’affaire. Dans la lettre de mission de son nouveau ministre (X Darcos) il lui demande de créer « une évaluation systématique de tous les élèves tous les ans, afin de repérer immédiatement les élèves en difficulté et de pouvoir les aider ; une évaluation régulière des enseignants sur la base des progrès et des résultats de leurs élèves ». Les deux objectifs sont liés dans la nouvelle évaluation de Ce1 et Cm2.

Évidemment le second objectif n’est jamais mis en avant mais l’intention gouvernementale, explique la revue, est bien de publier les résultats école par école et de s’en servir pour évaluer les profs. L’idée de publication des résultats des écoles « fait long feu » mais le mélange d’évaluation bilan et diagnostic est dénoncé chez les enseignants.

Petit rappel : Histoire : Le grand ratage des évaluations Blanquer

Aujourd’hui en 2018, alors que l’évaluation au « mérite » est un objectif prioritaire de la Commission Action Publique 2022 pour toute la fonction publique, difficile de croire que les évaluations nationales des élèves ne serviront qu’à mesurer les acquis des élèves !

 Ces évaluations nationales ne sont pas obligatoires !

Le ministère a beaucoup communiqué sur ces évaluations (étonnamment assez peu sur le fait que ce soit Amazon qui ait été choisi pour héberger les données des élèves), mais il n’a publié au Journal officiel aucune circulaire leur donnant un cadre formel. Il n’y a donc pas cadre réglementaire pour ces évaluations qui puissent les rendre obligatoires. Et non, un simple courrier du DASEN ou du ministère ne suffit pas !

Il est donc parfaitement possible de refuser ! Dans ce cas, n’hésitez pas à nous contacter si vous faites l’objet de pression de la hiérarchie, notamment de ces inspecteurs ou inspectrices qui se vantent que chez nous, « en Alsace, on a la culture de l’évaluation » !


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