Un commissaire paritaire de Sud Education, ça servait à quoi ? Dernier épisode : Les FMPA

lundi 1er juillet 2019
par  sudeducationalsace
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Les commissaires paritaires de Sud Education Alsace ont siégé lors de la FPMA qui s’est tenue les 25 et 26 juin 2019 afin d’examiner les demandes de mutation des collègues certifié•e•s et agrégé•e•s.

La rectrice a ouvert cette FPMA lors d’une déclaration où elle a remercié l’ensemble des personnels et des syndicats impliqués dans l’organisation des mutations. S’en sont suivies les déclarations liminaires des syndicats. Elles se situent entre analyse du mouvement, rejet des réformes Blanquer (lycées et loi) et destruction de la fonction publique. Tous ont dénoncé la fin du paritarisme et la fin du dialogue social, qui demeurait néanmoins insuffisant tant l’administration refusait souvent de nous entendre.

Egalité ou masculinisme ? Au SNALC on sait choisir son camp !

Quelques propos ont retenu notre attention. Le plus vieux syndicat de l’éducation nationale, qui se défend de toute accointance avec les partis politiques, notamment ceux d’extrême droite, et qui ne se situe ni à droite, ni d’ailleurs à gauche (et la suite en dit long…), s’est particulièrement indigné de voir la CAPA des certifié•e•s corriger (et encore, à la marge !) des inégalités structurelles touchant les femmes pour l’accès à la hors-classe au détriment de certains hommes. On comprend ainsi mieux son vote contre le tableau d’avancement lors de la CAPA du 24 juin, là où les autres syndicats, Sud y compris, se sont abstenus.

Que l’on soit pour ou contre l’existence de la hors classe, le rôle des syndicats est aussi de corriger les effets des inégalités structurelles entre les hommes et les femmes sur la carrière des personnels.

Or :

  • lorsqu’on évolue dans une société patriarcale et sexiste ;
  • lorsque le nombre des femmes promues, est déjà bien inférieur à celui des hommes car les femmes connaissent généralement plus d’interruptions de carrière que les hommes au cours de leur vie professionnelle ;
  • lorsque les études montrent que les inégalités professionnelles touchent d’abord les femmes à niveau de compétences égal avec les hommes et même dans l’éducation nationale ;
    c’est bien un choix politique, que d’évoquer des discriminations à l’encontre des hommes (!) en raison de ce qui est présenté comme des choix individuels (!) de la part des femmes. C’est ce qu’on appelle le masculinisme ! Pourtant être enceinte, prendre un congé de maternité et un congé parental relèvent rarement du choix individuel mais de tendances lourdes reléguant davantage les femmes à ce type de tâches. Les inégalités subies ne sont pas simplement assignables à l’individu pour lui-même mais découlent d’une société inégalitaire qui classe les individus dans des catégories sociales qui les conditionnent. Ici, c’est ce qu’on appelle le genre.

La réponse de la rectrice et les nôtres

Suite à cela, une déclaration liminaire intersyndicale a été lue et une gerbe de fleurs déposée aux pieds de la rectrice pour symboliser la fin du paritarisme et une action symbolique de silence.

La rectrice a ensuite apporté quelques éléments de réponses et nous en retenons quelques-uns :

  • Sur la loi école de la confiance : « l’article 1 est un article qui reprend en partie les termes qui sont ceux de la FP ». Nous considérons que c’est absolument faux pour deux raisons. D’une part, il n’y a pas de devoir de réserve dans la fonction publique sauf pour les personnels d’autorité (chef•fe•s, IPR,..). D’autre part l’article 1 va bien plus loin en instaurant un devoir d’exemplarité (qu’est-ce qu’être exemplaire ?) et permet de réprimer plus facilement des personnels qui n’auraient pas été jugés « exemplaires » comme au collège République à Bobigny.
  • « Des modalités de dialogue social seront élaborées au Ministère et dans chaque académie ». Comment ? Quels syndicats seront invités ? La représentativité sera-t-elle indispensable pour participer aux opérations du mouvements ? Nous pouvons craindre, en tant que « petit syndicat » de nous trouver exclus de ce « dialogue social ».
  • « La réforme a été appliquée en étant attentif à l’équité dans l’académie et l’équité en fonction des situations ». Peut-être mais quand la réforme vise explicitement à mettre en œuvre un plan social dans l’éducation, on sait que les moyens resteront insuffisants partout !

Un mouvement fortement impacté par la baisse des moyens et les suppressions (futures) de postes

Les commissaires paritaires ont ensuite pu procéder à l’étude du mouvement et des cas individuels. Nous pouvons faire plusieurs remarques à ce sujet :

  • malgré la baisse du nombre de demandes, le mouvement a été meilleur pour les titulaires de l’académie qui ont davantage obtenu satisfaction de leur demandes ;
  • Le nombre de participants obligatoires a baissé (un effet de la baisse du nombre de postes au concours ?) ;
  • Le nombre important de postes bloqués, notamment en raison de la réforme du lycée GT, et qui seront supprimés dans les prochaines années avec la réforme et qui bloquent le collègues dans leur droit à la mobilité dans de nombreuses matières comme les lettres modernes ou encore l’anglais ;
  • Le nombre de postes restés vacants dans certains matières (28 en technologie !) entrainera soit le recrutement de contractuels sur des besoins permanents, soit l’absence d’enseignant•e•s devant les élèves. Comme le gouvernement ne fait rien pour améliorer les conditions d’exercice des enseignant•e•s et leurs salaires, le métier n’attire plus et les postes ne sont pas pourvus.

Les (dernier•e•s) commissaires paritaires de Sud Education Alsace


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