Un·e élu·e en CAPA, ça sert à quoi ? Episode 4 : les recours sur appréciations finales

dimanche 24 février 2019
par  sudeducationalsace
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Sud Education Alsace a siégé le 17 janvier 2019 en CAPA « recours sur appréciations finales ». Elle remplace les anciennes CAPA de notation qui existaient avant la mise en place du PPCR à la rentrée 2017. C’était donc une première pour tous les syndicats. Si nous condamnons fermement le PPCR et le nouveau mode d’évaluation qui en découle, nous y avons siégé comme observateur afin de contester l’arbitraire de l’administration et appuyer les demandes légitimes de collègues. Enfin, cela nous a permis de constater que l’administration ne fera aucune concession. Seul le rapport de force et l’unité syndicale nous permettent d’obtenir des avancées.

Là où beaucoup déchantent...

L’administration est représentée à part égale avec les syndicats : SNES, UNSA, SGEN, FO, SNALC, CGT et SUD Education. Le secrétaire général de l’Académie ouvre la séance en présentant ses vœux et excusant la Rectrice qui est absente ce jour-là. Comme il est d’usage, chaque syndicat fait une déclaration liminaire et tous condamnent la mise en œuvre du PPCR... Alors que la majorité d’entre eux a voté pour sa mise en place en 2017 en présentant les nombreux “avantages” pour les collègues ! On vous laisse chercher l’erreur...
Notre déclaration liminaire se trouve ici.

… Sud Education Alsace maintient le cap !

Sud Education Alsace a une nouvelle fois condamné cette évaluation arbitraire et infantilisante pour les collègues. Notre syndicat a également questionné l’administration sur sa réaction, et les sanctions éventuelles qui pèseraient sur les collègues, dans le cas où certain·e·s seraient amené·e·s à refuser leur « Rendez-vous de carrière ». En effet, depuis la mise en place du PPCR, le droit au refus d’inspection a été abrogé. Aussi, dans certaines académies, l’administration a tranché dans le sens des collègues, c’est à dire sans les sanctionner, mais avec un avancement à l’ancienneté.
Le secrétaire général nous indique qu’une réponse sera apportée ultérieurement. Nous veillerons à le questionner à nouveau lors de la prochaine CAPA.

Sois excellent•e et tais-toi !

Pendant environ deux heures et demi ont lieu des discussions au sujet de 2 dossiers, fondées sur des explications de texte poussées : commentaire littéraire de toutes les pièces rédigées des dossiers mené par les organisations syndicales qui défendaient les dossiers. Chaque argument a été contredit par le clan des IPR…. Face aux très nombreux arguments avancés par les deux syndicats majoritaires - soutenus par tous les autres, le doyen des IPR n’en avance qu’un seul : bien comprendre que promotion possible et avis final de la rectrice ne sont pas toujours corrélés. Le doyen des IPR se livre alors à un exercice savant d’explicitation des nuances entre les différentes formulations.

De manière générale, voici les critères qu’il faut conjuguer pour obtenir un avis « excellent » : reconnaissance par ses pairs, réflexivité sur ses pratiques, niveau d’investissement “exceptionnel”, innovation, recherche. Autrement dit : impossible avec la charge de travail qui est celle des enseignant·e·s depuis de nombreuses années… à moins d’être un parfait soldat ?
Pour obtenir « très satisfaisant » : investissement notable, réflexivité, très bon niveau de compétences. Pour « satisfaisant », il faut comprendre que le collègue satisfasse aux attentes de l’institution, dixit le doyen des IPR (comprenne qui peut !), que le collègue ne rencontre pas de difficultés majeures, que son niveau de compétences soit bon.

Circulez, il n'y a rien à espérer !

Dans le cas d’une collègue qui, selon le doyen, n’aurait pas atteint le degré de compétences qu’auraient atteint d’autres collègues auxquels a été attribué un avis « excellent », Sud Education Alsace est intervenu afin d’expliquer que la situation personnelle de la collègue favorise certainement son engagement actuel. Or, le jour où cette collègue aura une famille, il ne lui sera peut-être plus possible de s’engager de façon similaire. C’est donc le moment idéal pour valoriser son parcours. Un autre syndicat confirme que la collègue n’a pas d’enfant. Notre remarque fait sourire ces messieurs IPR… Malgré l’unanimité des syndicats à soutenir cette collègue, l’administration ne veut rien lâcher.

Lors de l’examen du deuxième dossier, un syndicat demande d’expliquer ce qui doit être compris par l’avis « satisfaisant » et d’argumenter la décision de « rétrograder » une collègue qui passait au grand choix dans l’ancienne évaluation. L’IPR de lettres présent ricane et se livre à une explication de texte des rapports d’inspection de la collègue (en prenant vraiment les collègues dudit syndicat pour des imbéciles). Puis, il souligne que les modalités du PPCR ne sont pas comparables à celles qui existaient auparavant (comprenez : circulez, il n’y a rien à espérer…).

(Petite) victoire syndicale

Quand il est décidé de procéder au vote, l’administration est mise en minorité car tous les syndicats présents ont fait bloc, l’obligeant à lâcher quelques miettes pour nos collègues. Bien que nous ne défendions ni le PPCR, ni le principe des « rendez-vous de carrière », il nous semble important de continuer à soutenir les collègues victimes de situations arbitraires.

Plus que jamais, Sud Education Alsace dénonce ce système d’évaluation complètement arbitraire et revendique une déconnexion totale entre l’évaluation et l’avancement de carrière, une évaluation par les pair•e•s, un avancement au même rythme pour tout•e•s ainsi qu’une augmentation de nos salaires de 300€ pour tout•e•s afin de mettre un terme à cette concurrence entre enseignant·e·s.


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