Rentrée 2009 en lycée professionnel

jeudi 8 janvier 2009
par  sudeducationalsace
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La rénovation de la voix professionnelle suscite, avec plus ou moins d’opposition, l’inquiétude des syndicats, sauf pour les syndicats qui se sont empressés d’aller signer le protocole de discussion dont le syndicat majoritaire des LP, le SNETAA.

Les comptes-rendus des réunions au Conseil Supérieur de l’Éducation du 23 octobre et 17 décembre 2008 montrent encore une fois la détermination du gouvernement à mettre en place cette réforme à la hussarde :
- le baccalauréat professionnel en trois ans devient la règle ;
- le BEP n’est plus qu’une « certification » délivrée pendant le cursus du baccalauréat (même s’il reste — mais pour combien de temps encore — inscrit au répertoire national des certifications professionnelles).

Les formations dispensées

Généralisation des Bacs Pro 3 ans : réforme sans surprise annoncée dans la note de Darcos du 29 octobre 2007 « l’année 2008 sera mise à profit pour préparer la généralisation des baccalauréats professionnels en trois ans ». Le diplôme du Bep devient une « certification intermédiaire » en cours de cursus de Bac Pro non obligatoire pour l’obtention de ce diplôme de niveau IV.

Abandon de la formation en BEP : par exception, si le Bac Pro est inexistant dans la spécialité, la formation Bep en 2 ans sanctionnée par un diplôme demeure comme mesure intermédiaire avant la fermeture définitive des BEP.

L’ouverture de quelques CAP est envisageable si l’économie locale le demande.

Au niveau des diplômes proposés

- Bac Pro 3 ans : le référentiel restant pour l’essentiel celui du Bac Pro 2 ans, le diplôme ne change pas dans son contenu et son déroulement. Il y aura toujours sept épreuves obligatoires qui seront validées, le cas échéant, par une combinaison entre des CCF et des épreuves ponctuelles et, éventuellement, une épreuve facultative.

Nouveauté  : une épreuve orale de rattrapage sera organisée pour les candidats ayant obtenu une note finale à l’examen comprise entre 8 et 10 mais à condition d’avoir la moyenne à la partie professionnelle. Cette épreuve sera définie par arrêté et organisée par le jury d’examen.

- BEP : peut se présenter au BEP chaque élève engagé dans une formation Bac Pro 3 ans de la même spécialité et les adultes en F.C. ou non. Le Bep sera également délivré par la validation des acquis de l’expérience. Les candidats sous statut scolaire devront présenter l’ensemble des épreuves au cours d’une même session ; les autres candidats pourront choisir de les répartir sur plusieurs sessions.

Chaque examen de Bep sera organisé en 5 unités couvrant les connaissances et compétences des domaines généraux et professionnels (8 auparavant). Chaque unité fera l’objet d’une épreuve et 4 sur les 5 seront validées en CCF (sauf candidats hors statut scolaire), la dernière épreuve sera soit en examen terminal soit en CCF (le « Tout CCF » sera le plus économique !).

- CAP : mêmes conditions d’inscription et de structure que le Bep.

Bac Pro 3 ans, durée de formation et périodes en entreprises

La durée de formation par la voie de l’apprentissage est portée à 1850 h (3 ans), 1350 h (2 ans) et 675 h (1 an). Cette durée peut être réduite dans certains cas mais non augmentée, contrairement aux anciennes dispositions. Pour les autres situations, la période de formation en entreprise peut s’étendre de 12 à 26 semaines contre 12 à 24 auparavant, et, pour les scolaires, le minimum est de 10 semaines.

Nota : pour présenter un Cap ou un Bep, il n’est donné aucune précision sur le minimum requis concernant la période de formation en entreprise.

Passerelles entre filières

Sur demande de la famille ou de l’élève s’il est majeur, l’Inspecteur d’Académie, après avis du conseil de classe, peut autoriser le passage d’un élève ayant obtenu un BEP ou un CAP, à poursuivre des études en lycée général ou technologique, après une éventuelle période d’adaptation mais sans obligation de diplôme de niveau IV. Rien de nouveau par rapport à ce qui existait déjà, mais avec des « dispositifs d’aide et d’accompagnement » pour les élèves qui en auraient besoin.

Il existe également des passerelles entre les cycles de la voie professionnelle.

Quant à l’organisation de la voie professionnelle la correspondance entre la qualification professionnelle et le diplôme (du CAP au brevet de technicien), support dans les conventions collectives de l’échelle des emplois et des salaires, est supprimée. De fait, le code de l’éducation ne fait qu’entériner une évolution dans le monde professionnel, c’est-à-dire une déqualification des diplômes de niveau V. Pour exercer maintenant une activité professionnelle d’ouvrier qualifié ou d’employé qualifié, il faudra être titulaire au moins d’un diplôme de niveau IV. On ne peut pas s’empêcher de s’interroger sur le devenir des élèves qui n’auront pas atteint ce niveau et sur la finalité des LP.

Et, de plus, la notion de « secondaire » pour qualifier la formation professionnelle est abandonnée. S’il n’est plus dans le secondaire, où sera l’enseignement professionnel ? Sera-t-il encore un lycée ?

Commentaires sur ces « nouveautés »

Confirmation de la fin des BEP, alignement des formations professionnelles sur les filières générales et technologiques, Bac Pro en 3 ans devenant la seule référence : compte tenu de la réforme parallèle du lycée et notamment de la classe de seconde, on peut s’interroger sur le devenir de certaines spécialités et matières.

Ne va-t-on pas avec la « modularisation » et les « options librement choisies » justifier l’appauvrissement de spécialités professionnelles en limitant à quelques heures les connaissances nécessaires à la maîtrise d’un métier ?

Les mêmes interrogations existent en ce qui concerne la voie technologique. Elle apparaît comme fragilisée et elle pourrait à terme disparaître, laissant ainsi 3 niveaux de formation correspondant aux besoins du monde du travail : exécutant (niveau V), technicien polyvalent (Niveau IV) et cadre.

Le but non avoué n’est-il pas de fournir aux entreprises des bacheliers plus facilement employables et interchangeables du jour au lendemain, ainsi que des jeunes sortis du système éducatif avec une « certification niveau V » pour les emplois les plus précaires ?

Commission fédérale enseignement professionnel


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