Les programmes, c’est pour apprendre à penser, pas à obéir !

jeudi 22 mai 2008
par  sudeducationalsace
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Alourdissement des programmes et diminution du temps d’enseignement, recentrage obsessionnel sur les maths et le français, bachotage, évaluations, morcellement en disciplines, vision mécaniste des apprentissages, du sport, de la morale, du patriotisme mais moins de découverte du monde, et encore moins de temps laissé aux enfants pour s’approprier et mettre en relation les savoirs…

 


 Décervelage organisé, gavage et passivi. Pour Darcos, l’école se doit d’être une usine où, dès la maternelle, on apprend à régurgiter sans comprendre un savoir et des comportements injectés de force. Oublions plus d’un siècle de recherches et de pratiques pédagogiques fondées sur les capacités d’analyse et la participation active des enfants dans la construction des savoirs : grâce aux « nouveaux programmes », nul besoin d’apprendre par l’observation, le questionnement ou le tâtonnement expérimental. Conçus pour être appris par cœur, découpés en champs disciplinaires réducteurs (maths, français, etc.) et en programmations taillées dans le marbre, les “savoirs Darcos” s’interconnectent difficilement les uns aux autres et dénient aux enfants le droit de découvrir/réinvestir leurs connaissances dans d’autres domaines. Isolés de la culture et de la pratique, ils perdent alors leur sens et leur finalité.

Plus de soumission et de sanctions. Perçu comme un dangereux (et coûteux) sybarite, l’enfant se doit d’obéir aveuglément aux préceptes moraux, aux règles d’orthographe et d’arithmétique avant même de les comprendre ou de les replacer dans leur contexte. Il lui faut donc une école et des programmes conditionnés par le gain de temps, de personnel, qui évaluent, mesurent et sanctionnent élèves aussi bien qu’enseignant-e-s – quitte à les envoyer en “stages” de remédiation si le message passe mal. C’est l’école des Bases de Données, du contrôle permanent des connaissances et du comportement, où l’aide aux élèves en difficulté devient un dispositif punitif, rendant ainsi les enfants comme leurs enseignant-e-s, seul-e-s responsables de l’échec scolaire.

Mais moins d’école, de culture, de moyens… Le débat de dupes organisé en mars-avril ne doit pas faire illusion. Court-circuitant la Commission nationale des Programmes et les Inspecteurs Généraux, Darkos et Sarkozy veulent nous imposer au plus vite leur école-entreprise. On les comprend. Axés sur le râbachage, la diminution du temps scolaire et la mise en place des heures supplémentaires, les programmes rendent caduc l’accueil des tout-petits (dont ils font à peine mention) et accélèrent la destruction de postes d’enseignements et de réseaux d’aides spécialisés en maternelle comme en élémentaire. Facilitant la mutualisation des personnels entre les écoles par le biais des fameux stages, ils annoncent les futurs Epep, où les équipes enseignantes, pieds et poings liés aux programmes et aux diktats des Conseils d’Administration, seront dans l’incapacité de créer des projets interdisciplinaires qui consolident les savoirs et leur donnent du sens. La culture scientifique et les pratiques artistiques redeviennent un luxe, disjoint des apprentissages au nom de l’efficacité, et réduits ipso facto du temps scolaire écourté... Quant aux élèves en difficulté, maintenus en classe pendant les vacances, ils seront totalement privés de l’offre du tissu associatif.

C’est une école peu coûteuse et rentable, dont le caractère réactionnaire sied comme un gant aux économies budgétaires et à la destruction du service public… C’est une école qui renforcera les inégalités au lieu des les atténuer.

Nous voulons une école qui permette l’exercice de la pensée lors des apprentissages et conçoive les savoirs et la culture comme des rencontres à faire siennes. Nous voulons une école qui donne à l’ensemble de la communauté éducative le temps de penser les savoirs, de les explorer, de les comprendre et de les pratiquer dans tous les domaines de la culture (sciences, arts, découverte du monde, production d’écrits, poésie).

Nous voulons une école qui favorise l’expression libre et le tâtonnement expérimental, une école qui encourage la compréhension de la culture humaine et ses enseignements.

Nous voulons une école qui donne confiance aux élèves, qui leur offre le temps de découvrir et d’organiser leurs savoirs pour leur donner les moyens de créer, de penser le monde et leurs responsabilités de futurs adultes.

Sud éducation appelle les personnels et les équipes enseignantes à se mobiliser avec l’ensemble du service public d’éducation pour construire une autre école. Exigeons les moyens, les personnels, le temps, la liberté et la formation qui nous permettront d’apporter à tous nos élèves une éducation réellement émancipatrice.

Commission fédérale Premier degré


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