Suppressions de postes, et contrats de 1 an ou comment se servir des AED comme d’une variable d’ajustement budgétaire.

vendredi 18 janvier 2008
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Les AED sont devenus ces deux dernières années au delà de personnels précaires largement exploités, de véritables variables d’ajustement budgétaire, des cas d’école de la notion de flexibilité que les ultra-libéraux voudraient nous faire passer comme étant un progrès social...

Après les 8500 suppressions de postes de l’an dernier, la perspective gouvernementale est de poursuivre par 22 000 fonctionnaires en moins dont 11 200 dans l’Education Nationale, essentiellement en collèges et lycées.

C’est dans cet esprit qu’à la rentrée, plusieurs établissements de l’académie de Strasbourg ont vu le nombre de postes d’AE diminuer sans que personne ne s’en aperçoive. Un collègue d’un collège de Strasbourg a même dû quitter son établissement en cours d’année, faute d’argent pour le rémunérer.

La réduction du nombre de surveillants a pour conséquences directes de dégrader davantage nos conditions de travail déjà précarisées et de rendre quasiment impossible une relation réellement pédagogique avec les élèves.

Rappelons que les dotations de personnel par établissement sont définies par les rectorats dans des instances telles que les Commissions techniques paritaires académiques (CTPA), ce qui signifie que chaque année, en fonction du budget ou de la démographie scolaire, la situation peut changer : on connaît la tendance actuelle... 

Ce dernier point explique entre autre pourquoi, depuis plus de deux ans, il n’y a plus que des contrats de un an proposés, afin d’éviter des situations de licenciement embarrassantes pour l’administration.

 

Ce n’est tolérable ni pour les collègues qui n’ont aucune garantie de réemploi d’une année sur l’autre, ni pour les élèves qui voient chaque année des équipes de Vie Scolaire entièrement remaniées !

 

A Caen des camarades ont appris l’existence d’une circulaire académique stipulant que, dans chaque établissement, il doit toujours y avoir au moins un contrat d’AE d’une durée d’1 an. En fait, le rectorat prévoit systématiquement pour chaque établissement au moins un support de poste AE sur lequel les contrats ne peuvent excéder 1 an.

 

Les AE deviennent donc explicitement une variable d’ajustement aux contraintes budgétaires imposées par le ministère. Nous soulignons le fait que cette restriction à la durée du contrat est en totale contradiction avec les textes en vigueur, lesquels établissent sans équivoque la possibilité d’employer un AE pour 3 ans sans restriction. La proposition d’un contrat de 3 ans est considérée comme comportant trop de risques pour le fonctionnement du service. La période de « mise à l’épreuve » serait trop courte (l’équivalent d’un trimestre pour un contrat de 3 ans) pour permettre l’évaluation des compétences du ou de la nouvel(e) AE, obligeant même l’employeur à adopter une position plus expéditive face à des surveillants qui ne seraient pas « parfaits » dès leur prise de fonction. Elle engagerait de surcroît la direction sur 3 ans sans possibilité de licenciement.

 

Outre le peu d’estime que cette argumentation confère aux étudiants salariés, nous ne pouvons nous empêcher de penser que cette attitude renvoie à une volonté sous-jacente de conserver une position de pouvoir et à une vision libérale de l’évolution des rapports salariaux.

 

Combien de temps allons nous continuer à servir de variable d’ajustement et à gérer une situation de pénurie s’aggravant d’une année sur l’autre ? Réaffirmons nos droits à des contrats de trois ans pour tous !

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