Rencontre avec Mariano Feliz, du Frente Popular Dario Santillan argentin.

vendredi 14 septembre 2007
par  sudeducationalsace
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Le FPDS est né des premiers mouvements des piquateros, mouvements des chômeurs, dans les années 90. En 2001 et 2002, les mouvements sociaux atteignent leur paroxysme et en juin 2002, le camarade Dario Santillan fut tué lors d’une manifestation, c’est en sa mémoire que le Frente porte son mon. Ce dernier est crée en 2004, par des étudiants, le mouvement des femmes, des agents des collectivités territoriales, du secteur socioculturel et des organisations de salariés (fonction publique, métallurgie, aéroport de Buenos Aires). Le FPDS publie également un journal, La Fragua au rythme que lui permettent les finances du syndicat.


  - Statuts : le FDPS revendique son autonomie par rapport à l’Etat et aux partis politiques. Fonctionnement de syndicat de bases, ce sont les AG d’adhérents qui décident. Chaque organisation de base tient des réunions hebdomadaires, des réunions régionales où sont présents les déléguées des orgas de bases se tiennent toutes les semaines et tous les 15 jours ont lieu des réunions nationales. Tous les quatre mois sont organisées des plénières. Le FDPS compte environ 3000 membres dans tout le pays et est composé de 60 organisations. Il organise aussi des formations. Le FDPS se définit comme un syndicat de lutte, et plus généralement comme un mouvement social comptant aussi des organisations non syndicales. Il développe des projets coopératifs (production autogérée de fromage de chèvre par exemple) dont une partie sert à financer le Frente. Le FDPS est un syndicat anticapitaliste Les rares fonds du FPDS viennent en partie des de la vente des produits des coopératives autogérée, les chômeurs versent en cotisation 3% des indemnités que leur verse l’Etat (indemnités : 40 euros par mois). Les autres salariés versent environ 3% de leur salaire, quand ils le peuvent...

- Situation sociale et politique en Argentine : ce n’est pas le tableau que dresse la gauche française. Le gouvernement, souvent avec succès, multiplie les tentatives de corruption des organisations sociales. 30% des habitants en Argentine vivent dans la pauvreté, dans les villes c’est le cas de 50% des enfants ! Les salaires sont insuffisants : pour vivre dignement, il faut 2400 pesos (environ 500 euros) et le salaire moyen est de 800 p. (environ 200E). D’où les luttes sur les salaires et les conditions de travail, nombreuses aujourd’hui. Beaucoup de ces conflits sont menés par des assemblées de base. A l’inverse, il y a deux gros syndicats argentins, la CGT (syndicat de l’Etat) et la CTA (Centrale des Travailleurs Argentins), plus à gauche, mais qui s’est ralliée au gouvernement de Kirchner. Ces syndicats ne remplissent pas leur rôle véritable. Par exemple au sud du pays, il y a au récemment un important mouvement des enseignants, l’un d’eux a reçu une grenade lacrymogène dans la tête est en mort. C’est seulement à partir de ce moment que la CTERA (Centrale des Travailleurs de l’Enseignement de la République d’Argentine), appartenant à la Cta, a commencé à soutenir ce mouvement. Par contre, il y a des oppositionnels dans ce syndicat, comme à la Plata. Le FPDS travaille avec les cellules oppositionnelles. Il a également participé à la constitution d’un liste avec les oppositionnels de l’ATESUR (association des travailleurs de l’Etat de la région du sud de Buenos Aires) pour les élections professionnelles du 30 mai. En ce moment, à la Plata, un usine est occupée par 500 employés menacés de licenciement, alors que l’entreprise connaît une forte croissance. Enfin, la semaine dernière, il y eu une grève dans les transports en commun, l’entreprise privée qui gère les trains vers les banlieues/bidonvilles de Buenos Aires suspend régulièrement le trafic sur ces lignes trop peu rentables. Excédés par ces pratiques, les passagers ont même mis le feu à la rame. En réponse, l’Etat a donné le marché à une autre entreprise privée...
- Le FPDS dans le secteur de l’éducation : pour le moment, il n’est pas très bien organisé, il compte des professeurs de l’université, tel Mariano, il est présent aussi dans le secondaire. Il participe en ce moment, toujours, à une lutte pour une revalorisation des salaires des enseignants et la démocratisation des formes de gestion de l’université (pour que les étudiants aient plus de pouvoir dans les mécanismes de décision), à La Plata.

- Les répressions du mouvement social : elles ne sont pas ouvertes, à l’exception de la mort de l’enseignant lors de la manifestation, qui avait été visé par un policier. Un autre camarade arrêté pendant 8 heures a subi des simulacres d’exécution. Un témoin de violences policières contre un manifestant a mystérieusement disparu... Quand les organisations veulent manifester, avec les Mères de la place du 1er mai, devant les maisons des tortionnaires de la dictature, la police bloque systématiquement le quartier. A Santa Cruz, récemment, une manifestation a été dispersée avec des balles en caoutchouc, il y a eu des blessés. Des camardes sont également en procès pour avoir coupé des routes lors de sittings ou pour d’autres actions syndicales. Ce procédé est fréquent de la part de l’Etat.

- International : le FPDS est en contact avec le Mouvement des Sans Terre du Brésil, lui-même lié au mouvement des paysans argentins et vénézuéliens. Mais les contacts sont difficile car la circulation sur le continent l’est également. En Europe, des contacts surtout avec l’Espagne, avec la CGT et aussi la municipalité de Reis qui a financé une station de radio pour le FPDS à La Plata. Ce dernier a été invité aux I07 de la CNT française et un groupe s’est déplacé en Suisse, en Italie et en Allemagne pour tenter d’y nouer des contacts (Fondation Rosa Luxembourg en Allemagne).

Le FPDS souhaite beaucoup développer des relations durables avec SUD Education et les autres syndicats de Solidaires. Il souhaite nous inviter aux formations syndicales qu’il organise en septembre ou octobre 2007. Il y a aussi une demande de solidarité (information sur la situation en Argentine, soutien par fax, communiqué... aux mouvements, aides financières..).

 

13 septembre 2007. Extrait du site de Sud Education :

http://www.sudeducation.org/article2164.html

 

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