A quand la sécularisation des facultés de théologie de l’université de Strasbourg ?

vendredi 10 février 2017
par  sudeducationalsace
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Le 13 décembre dernier, Michel Deneken, professeur à la Faculté de Théologie Catholique de Strasbourg a été élu par les membres du Conseil d’Administration président de notre université. Il assure depuis lors la représentation de l’Université de Strasbourg, comme ce fut le cas, par exemple, lundi 30 janvier dernier lors d’un débat organisé dans le cadre du Forum Européen de Bioéthique.

Dans le programme de cette manifestation, Michel Deneken est uniquement présenté comme président de l’Université de Strasbourg. Or, il ne s’est pas contenté de faire l’ouverture, il est intervenu dans le débat « Pour en finir avec la mort ! » - vidéo consultable en ligne. Il a, de nouveau, à la tribune, été présenté comme président de l’Université de Strasbourg (entre 3:30 et 3 :40). C’est encore le cas sur la page du Forum Européen de Bioéthique qui lui est consacrée (sans mauvais jeu de mots).

Mais quelle intervention a eu lieu et à quel titre ? Si l’intervention de M. Deneken se limitait à celle d’un président d’université se félicitant des apports des travaux académiques à de tels échanges, il n’y aurait rien à en dire. Or son propos à cette tribune relève, au choix, de celui du théologien ou du prêtre. Nous vous invitons à en juger par vous-mêmes : sa première intervention commence à 17:11.

Les questions de bioéthique, tout à fait passionnantes au demeurant, semblent particulièrement intéresser les Facultés de Théologie Catholique et Protestante de Strasbourg. Le compte Facebook officiel de l’Université de Strasbourg a publié lundi 6 février, une annonce sur la deuxième édition du cycle de conférences « Les religions en débat ». Une des conférences données dans ce cadre s’intitule : « Quel est le statut éthique de l’embryon humain ? ». S’il s’agit d’un questionnement légitime pour des facultés de théologie, on peut s’étonner de la place qui lui est accordée. Il est en effet à noter que le programme de la première édition de ce cycle de conférences, co-financé par le programme Idex, dans le cadre des Investissements d’avenir (cherchez l’erreur !) se bornait à un questionnement sur la croyance sans interférer avec des sujets de recherche. Or dans une université, la question de « la vie en gestation » peut-elle légitimement être traitée dans le cadre d’un « essai de théologie comparée » ?

Le doute est d’autant plus permis qu’un autre congrès de la Faculté de Théologie Catholique doit avoir lieu, auquel participeront notamment des représentants du « Saint Siège » et dont l’introduction sera faite par « le Vice-Président Recherche de l’Université de Strasbourg » (sic), c’est-à-dire la première vice-présidente. Combien de facultés de l’Université peuvent se prévaloir d’avoir un tel soutien de l’équipe présidentielle ?

L’existence de facultés de théologie dans une université publique française, est, pour Sud Education Alsace, inacceptable. Nous ne pouvons tolérer que des composantes se consacrant à une production dogmatique bénéficient de budgets de recherche publique. Nous avons bien conscience qu’il s’agit là du résultat de l’anomalie concordataire en Alsace. L’université - comme l’ensemble des institutions d’enseignement - doivent pouvoir s’y soustraire. Les facultés de théologie doivent être transformées en facultés de sciences religieuses répondant aux mêmes principes de recrutement que les autres composantes, c’est-à-dire sans autorisation pontificale ou du paraclet.


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