Aujourd’hui, nous avons décidé que nos pas suivraient ceux de La Feuille de chou

samedi 17 octobre 2015
par  sudeducationalsace
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Depuis le 10 juillet dernier, le directeur de publication de La Feuille de chou, Jean Claude Meyer, a été mis en examen pour « avoir tenu des propos portant atteinte à l’honneur et à la considération de Jean-Claude Bournez », chef de la Mission Roms de la Ville de Strasbourg, pour 2 articles publiés en décembre 2014, relatant la façon dont la municipalité gère la situation des Roms à Strasbourg.

Nous ne voyons dans ces articles qu’une mise en lumière de la politique de la ville en la matière et non une attaque vers un fonctionnaire en particulier. Nous considérons que le dépôt de plainte ne vise qu’à entraver la liberté d’expression et la liberté de la presse.

Depuis le 19 septembre le site de La Feuille de chou subit une attaque internet qui le rend inaccessible.

Ces deux atteintes à la liberté d’expression sont la preuve d’une volonté de faire taire La Feuille de chou sur certains sujets. Ils sont les seuls à avoir dénoncé l’espace Hoche. Sud Education Alsace, membre du comité de soutien de La Feuille de chou, a voulu suivre cette piste.

Aujourd’hui, nous avons décidé que nos pas suivraient ceux de La Feuille de chou.

Ce dimanche 11 octobre au matin nous sommes plusieurs adhérents de SUD Education Alsace à nous être rendus au camp Hoche pour rencontrer les Roms qui y sont logés dans des caravanes.

Sur le papier, « l’espace Hoche » est un camp d’insertion mis en place par la « mission Roms » de la ville de Strasbourg. Dans la réalité, il s’agit d’un camp caché au cœur d’un terrain militaire, près du pont Pflimlin, à une dizaine de kilomètres de la première station de tram... Pour accéder au lieu où des caravanes ont été installées par la ville de Strasbourg, il faut d’abord braver les panneaux interdisant l’accès au terrain militaire. Il faut ensuite montrer patte blanche à des vigiles d’une société privée pour passer de l’autre côté des barbelés rouillés délimitant le camp militaire.

Quelques mètres plus loin, un autre enclos dans lequel se trouvent entre 35 et 40 caravanes plus ou moins vétustes.

Devant l’unique entrée de la zone, un mobil-home et un préfabriqué de la Croix Rouge française. Plus de la moitié des caravanes sont sous un hangar dans lequel les familles ont improvisé des salons, cuisines et salles à manger.

Près de chaque caravane, une bonbonne de gaz mais aucun extincteur en vue. Il n’y a pas d’eau courante, des préfabriqués concentrent les points d’eau pour se laver ou faire la vaisselle. Les branchements électriques permettent l’utilisation de chauffages individuels mais les coupures sont fréquentes.

Nous engageons une discussion avec quelques ados qui sont devant le mobil-home de la Croix-Rouge. Naturellement nous leurs posons des questions quand à leur scolarisation. L’un d’entre eux nous dit qu’il ne peut plus aller à l’école parce qu’il n’a pas de papiers ; un autre est scolarisé dans un collège d’un quartier à l’autre bout de Strasbourg. Un troisième nous affirme travailler en mécanique avec son oncle et donc être en dehors de tout cursus scolaire. Nous leur demandons comment ils font pour se rendre dans leurs collèges et écoles qui sont loin du camp. Ils nous expliquent qu’une navette les amène le matin à un arrêt de tram et les récupère en fin de journée et qu’il vaut mieux ne pas la louper sous peine de devoir marcher deux heures pour rentrer.

Impossible pour eux aussi de participer à des activités culturelles et sportives qui leur permettraient de sortir un peu du camp le week-end. Impossible de se socialiser avec des « enfants du coin », de pratiquer la langue française hors du champ scolaire, de découvrir peu à peu le pays où ils sont installés. Le seul endroit où ils peuvent jouer au ballon est une dalle de bitume bordée par un grillage qui délimite la zone qui leur est autorisée. Si le ballon passe de l’autre côté, la seule solution pour le récupérer est d’aller voir les gardes...ces enfants sont de fait « prisonniers chez eux ».

Il ne faut pas compter non plus sur la fenêtre numérique vers le monde. Aucun ordinateur n’est mis à disposition. Il y a bien un accès wifi mais il faut avoir son propre portable.

Pas possible d’avoir un peu d’intimité pour se « retrouver », y compris dans les sanitaires qui sont communs. Tout n’est que promiscuité, favorise le repli sur soi par l’enfermement, l’isolement mais aussi la soumission aux caprices de la météo : il doit ici faire très froid en hiver...

Le dimanche, ces enfants sont condamnés à attendre que le temps passe dans ce camp où l’autonomie ne semble pas être un des axes de l’insertion revendiquée par la ville pour justifier ce camp. Si les jeunes nous ont dit que leurs conditions de vie dans le camp étaient meilleures que ce qu’ils avaient vécu avant ailleurs, nous sommes repartis en nous demandant comment une grande ville « humaniste » comme Strasbourg pouvait gérer un tel lieu où les normes de sécurité ne s’appliquent pas et prôner l’insertion de Roms en leur assignant des habitats « nomades » alors qu’ils sont sédentaires, en les isolant le plus hermétiquement possible du reste de la population, en les infantilisant et en les rendant le plus possible dépendants d’un système, opaque pour eux, de distribution d’aides. On peine à croire qu’une telle chose soit présentée comme un « modèle » à suivre pour l’insertion des Roms en Europe.

Signez la pétition : http://www.petitionpublique.fr/PeticaoVer.aspx?pi=P2015N48059

Rejoignez le comité de soutien : soutien.feuilledechou[a]laposte.net


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